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Le traité des Pyrénées 2

 

602 bornes
 
Le traité des Limites, signé en 1856, fixait la frontière entre la Navarre et le Guipuzcoa d'une part, et le département des Basses-Pyrénées devenu aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques d'autre part.
Le deuxième traité de 1862 concernait la partie centrale de la chaîne, entre les provinces de Huesca et de Lérida, côté Espagne, et les départements des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne et de l'Ariège, côté France.
Enfin le troisième traité de délimitation, signé en 1866, traçait la frontière définitive entre la province de Gérone et les Pyrénées-Orientales. Le dernier règlement d'application, édicté en 1868, fut qualifié avec un optimiste excessif d'"Acte final de délimitation". Les militaires avaient accompli sur le terrain un travail considérable pour éclairer les diplomates, et Sa Majesté très catholique récompensa le maréchal de camp Manuel de Monteverde y Béthencourt du titre prestigieux de Marquès de la Frontéra.

 

Ce furent ces patients travaux qui permirent de mettre en place ou de compléter les repères d'abornement qui jalonnent tout la chaîne d'ouest en est : ces bornes et ces croix sont au nombre de six cent deux, elles sont numérotées de l'Atlantique à la Méditerranée. La borne 1  est plantée sur les bords de la Bidassoa et la borne 602 assez bizarrement camouflée dans une grotte marine, la Cova Foradada, au pied d'une impressionnante falaise de schiste de 200 mètres de commandement qui plonge dans la Méditerranée à proximité de Port-Bou.

Trois siècles de contestations, de labeur, et la mobilisation de centaines de cartographies, d'arpenteurs, de diplomates et de négociateurs en tout genre, n'ont pas encore, de nos jours, fait totalement disparaître les incidents de frontière : ici ou là, une source capricieuse ou des barbelés intempestifs raniment occasionnellement d'antiques querelles de voisinage, où les protagonistes invoquent rituellement le part et d'autre l'honneur et la souveraineté nationale pour pouvoir appeler les gendarmes à la rescousse...

Ces lenteurs et ces résurgences montrent clairement que le problème n'était pas facile à résoudre, même s'il est facile d'énoncer la difficulté principale : la chaîne pyrénéenne n'est pas et n'a jamais été une frontière naturelle, et elle n'avait jamais été réellement jusque-là une frontière historique.

Les Pyrénées ne forment pas à l'évidence un obstacle infranchissable aux communications. Le passage est particulièrement aisé à l'est, où même les éléphants d'Hannibal ont dû gravir sans trop de mal les 279 mètres d'altitude du col du Perthus, sans compter les cols qui n'ont jamais reçu d'aménagement routier mais qui sont presque aussi accessibles et à peine plus élevés, comme le col de Banyuls. Il va de soi qu'à l'Ouest les molles ondulations des collines basques n'offrent aucune difficulté pour les communications nord-sud. Mais même au centre de la chaîne, il ne faut pas oublier que, dans les civilisations traditionnelles, les Pyrénées étaient franchissables par des centaines de passages, au rythme des porteurs et des animaux de bât : pendant des siècles, un mulet qui transportait 120 kilos valait deux ânes ou quatre à cinq "portes à col", dans les caravanes du commerce licite ou de la contrebande. Seul un enneigement exceptionnel pouvait paralyser pendant quelques semaines ces trafics incessants de fourmis.

 

 

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