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Marmotte

 

La marmotte disparut définitivement du Sud-Ouest à la fin du Pléistocène sans que l'on sache très bien pourquoi, alors qu'elle survécut dans les Alpes et dans les Carpates. Jusqu'au jour où l'homme décida de la réintroduire dans les Pyrénées... C'était le 15 mai 1948. Ce jour-là, le docteur Marcel Couturier, grand chasseur devant l'Eternel, mais aussi protecteur de la nature à ses heures, indiqua à  Messieurs Sabatut et Knobel la marche à suivre pour se procurer des marmottes dans les Alpes de la montagne de Vars dans le Queyras, où ils avaient été capturés en novembre 1947... Les deux pyrénéens purent ainsi acheter quelques couples, à l'automne, de leurs propres deniers. Les marmottes passèrent l'hiver dans une cave de la maison Knobel où, régulièrement, Madame Hélène Knobel et son frère allaient guetter le jour où, enfin réveillées, ils pourraient assister à leur lâcher par Monsieur Sabatut et  le père de Hélène Knobel. Quant au lieu de lâcher des six marmottes âgées d'un an, il fut bien évidement choisi par les deux intéressés, qui connaissaient parfaitement le vallon du Barrada*, au-dessus de Gèdre, au lieu dit le cirque deths lits (cirque des avalanches). C'est en chassant l'isard que Couturier avait repéré le site du lâcher...

A la suite des premières implantations réussies, le Docteur Couturier lâcha plus tard, personnellement, à l'occasion d'une partie de chasse, une ou deux marmottes dans la région de Barrada*.

Le lieu de lâchage des marmottes à Barrada* est mentionné sur les cartes IGN "cirque du lis".

*Barrada indique un lieu fermé ou du moins délimité par tous ses côtés et dont l'accès est interdit de manière naturelle (barres rocheuses, pentes abrupte) ou au moins difficile d'accès. En général ces même pentes sont génératrices d'avalanches ("lit" au singulier comme les cabanes de la lit en fait "cabana deth lit" et "lits" au pluriel, le "s" final se prononçant toujours en occitan)
 



Dessin de Philippe Luguy

 

Territoire de prédilection : à deux mille mètres d'altitude en moyenne, une pelouse parsemée de rochers sur lesquels elle prend quelques bains de soleil, attentive et méfiante. Une vue très bien dégagée lui permet de surveiller ses petits et les autres membres de la colonie. A la première alerte, elle siffle et rejoint à toute allure son terrier ou son "trou de fuite".
 

La marmotte commune est un foreur de tunnels hors pair. Pour cet animal, vivre dans un terrier représente une façon très efficace de se cacher de ses prédateurs, surtout lorsque l'habitat de prédilection se résume aux champs et aux endroits à découvert. Le système de tunnel qu'elle construit doit être des plus sécuritaires. Les tunnels doivent être de même niveau et parallèles avec la surface ; ils ne doivent ni s'effondrer ni s'inonder. De plus, l'air doit circuler librement pour assurer un apport d'air frais. C'est tout un travail d'ingénierie !
 

La marmotte est considérée à tort comme un animal banal parce que commun. Elle est en fait un être fascinant, tant par l'exubérance de son mode de vie que par certaines particularités qui en font une espèce unique. A l'automne elle pèse souvent plus de 5 kg, mais à la sortie de sa léthargie souvent à peine 2 kg ! Poids du marmotton à la naissance : 30 gr.
 

Fait unique, la marmotte est en effet le seul mammifère à n'avoir dans sa rétine que des cônes, aucun bâtonnet ! Ce qui en fait une diurne exclusive. Elle ne voit rien dès qu'il fait sombre, mais est sensible aux infrarouges. Autre particularité, les pattes antérieures de la marmotte n'ont que quatre doigts, alors que les postérieures en ont cinq ! Elle a par ailleurs une ouïe et un odorat très fins et nous repère le plus souvent avant que nous ne l'ayons aperçu. Elle émet alors un sifflement suraigu unique ou répété, d'intensité variable. Le signal est souvent suivi d'une fuite immédiate de toutes les marmottes des environs. Le signal varie également en fonction de la nature de l'intrus.

 

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