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Bertrand de Lassus

(1868-1909)

 

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Le baron de Lassus n'aime pas la montagne ; il aime les Pyrénées.

Il aurait pu paraphraser Hugo en disant : Je serais Russell ou rien ! Le baron de Lassus n'eut que 41 années de vie pour donner forme à son rêve : ne vivre que pour et par les Pyrénées. Personnage multiple et complexe, ni simplement dandy ni dévot frileux, il trouva bizarrement la solitude au milieu des campements, l'ascèse dans le faste.

Bertrand de Lassus est attiré très tôt par les Pyrénées, où il est né et qu'il ne quittera guère de sa courte vie : il meurt à 41 ans, en 1909, la même année que son ami, dont il rêvait de suivre les traces, le comte Henry Russell.

Sa première ascension répertoriée dans son livre de course sera le mont Sacon, le 1er août 1883. Cette modeste colline broussailleuse verra les premiers émois montagnards du baron : assoiffé, il enverra deux porteurs lui quérir de l'eau sur l'autre versant.

Par la suite, il va parcourir les Pyrénées en tous sens, souvent accompagné par Henri Passet dont il apprécie les qualités. Du reste, lassé des courses rapides, il décide en 1899 de procéder autrement, en séjournant pour de longues périodes (huit à quinze jours) dans ce qui préfigure le «camp de base», logeant dans des tentes, et en rayonnant ainsi autour. Il faut pour cela une logistique et des moyens, mais le baron de Lassus n'en manque pas. Henri Passet est chargé de cette organisation, qui lui permet de donner du travail à nombre de ses concitoyens de Gavarnie, qu'ils soient guides, comme l'indispensable François Bernat-Salles, ou porteurs. Le baron de Lassus mène ainsi une vie d'aventure, ascensionnant, chassant, et retrouvant le soir ses tentes confortablement équipées.Une des personnalités les plus éminentes du pyrénéisme... le baron Bertrand de Lassus, a mené pendant de longues années au milieu des solitudes l'existence fastueuse d'un délicat adonné aux jeux passionnants de la chasse ou de l'escalade, écrit Henry Spont, autre grand pyrénéiste. Et Beraldi ajoute : «Bertrand de Lassus, après un vigoureux pyrénéisme de conscrit vivant au bivouac, et l'assaut donné à cent trente-quatre pics et positions notables, s'est mis à faire du pyrénéisme de repos, de luxe, dans ses campements sybarites...»

Bertrand de Lassus est un personnage éminemment romantique : il adore être photographié, dans des mises en scène élaborées, costumé de toutes les façons possibles, en montagnard, en explorateur, en Espagnol, contrebandier, dans des poses martiales. Il se fait construire à Montréjeau, à partir de 1892, le château de Valmirande, une extravagante et somptueuse construction néo-renaissance, avec sa chapelle, de grands parterres, un parc d'une quarantaine d'hectares, aménagé par les frères Bülher (auteurs du Parc de la Tête d'Or à Lyon et du parc Borély à Marseille), avec un ruisseau enjambé par des ponts, un lac que domine une grotte belvédère... Palais quasi-royal, dit Russell. Le château a été dessiné par l'architecte bordelais Louis Garros. Il est solennellement inauguré après le camp des Gentianes, et béni par l'archevêque de Toulouse, le 3 novembre 1899. Il appartient toujours à la famille de Lassus.

En 1935, la ville de Montréjeau lui élève une statue de bronze, œuvre du sculpteur Montorgue : vêtu du costume pyrénéen, le pied posé sur le sommet d'un pic. Une foule immense assiste à l'inauguration.

 

 

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