Accueil

Bibliographie

Etapes du GR 10

Faune

Flore

Gîtes & refuges

Lexique

Randonnées

Raquettes

Villages & villes

 

Jacques Abbadie

(1656-1727)

 

referencement google

Jacques Abbadie, né à Nay, dans le Béarn, en 1654 et mort près de Londres en 1727, est un grand nom de la théologie protestante française. Théologien de l'académie de Sedan et prédicateur réputé, il s'inscrit dans la tradition des moralistes français du XXVIIième siècle. Son œuvre rassemble les thèmes de l'apologétique classique et la plupart des controverses religieuses de son temps. Il est consacré pasteur en 1680 à l'église réformée de Berlin, où après la Révocation, il accueille les réfugiés protestants. Pasteur de l'église de la Savoye de Londres en 1690 à 1699, précurseur du rationalisme des Lumières, il est l'auteur de plusieurs traités de morale à succès et d'une apologie de la Glorieuse Révolution anglaise.

Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages dont le plus connu est le Traité de la religion chrétienne 1684). Il compléta ce livre en 1689 avec le Traité de la divinité de Jésus-Christ, qui en forme la troisième partie. Cette œuvre connut de nombreuses éditions et suscita nombre d'éloges parmi les chrétiens, qu'ils soient protestants ou catholiques. Madame de Sévigné était une lectrice enthousiaste de ce traité et admirait son auteur. Elle écrivit à Bussi-Rabutin : «C'est le plus divin de tous les livres», et celui-ci lui répondit : «Il n'y a que ce livre là à lire au monde».


Jacques Abbadie publie L'Art de se connaître soi-même ou la recherche des sources de la morale en 1692. Traduit et réimprimé maintes fois jusqu'en 1865, ce livre fut attaqué par François Lamy mais défendu par Male­branche dans son Traité de l'amour de Dieu. Il influença le rédacteur de l'article «Amour» de "L'Encyclopédie", qui résume les chapitres VI à VIII, à propos de la distinction entre l'amour-propre et de l'amour de soi. Le chanoine Lacoste en fait la quatrième partie du "Traité de la vérité de la religion chrétienne" en son édition de 1826. Selon Jacques Abbadie, seule la religion chrétienne sait rapporter l'amour de soi et d'autrui à sa source pour lui trouver sa véritable finalité. Cependant, outre sa signification apologétique, la portée psychologique de l'ouvrage est incontestable par l'analyse approfondie des fantasmes de l'intérêt et des pièges de l'inconscient. L'auteur dénonce, en ce siècle de gloire, la volupté et surtout l'orgueil, usurpation de ce qui n'appartient qu'à Dieu, et retrouve, dans la critique des mondains, des thèmes et accents pascaliens.

Saint-Martin lut "L'Art de se connaître soi-même" alors qu'il était encore au collège de Pontlevoy. Comme l'indique Jacques Matter, «cette lecture l'initia à cet ensemble d'études de soi et de méditations sur le divin type de toutes les perfections qui devint le grand objet de sa vie» (Saint-Martin le Philosophe inconnu , chap. I).